17Mai/18

Nos amis les missionnaires !

Cambodge 1995

Comme dans tous les pays en difficultés, des missionnaires rôdent à la recherche de proies faciles. Une mosquée s’est ouverte il y a peu, tous ceux qui souhaitent écouter le prêche de l’imam reçoivent 1$ par jour de présence. La mosquée était pleine tous les jours d’élèves assidus. Après cinq mois, l’imam, pensant que ses ouailles étaient mûres pour pratiquer librement -et donc gratuitement- la vraie religion l’annonça en présentant la chose comme une superbe nouvelle. Le lendemain, la mosquée était vide.

Depuis un mois, la télé, la radio et de grandes affiches dans les villages annoncent la venue de Mike Evans, un télévangéliste venu des USA pour « guérir tous les handicapés du pays, du moins ceux qui croient en Dieu et en son fils Jésus Christ ». Le message fut reçu par un public de désespérés prêt à croire à ce Jésus Christ s’il tient ses promesses. Quarante mille personnes se réunirent dans le stade olympique, un nombre impressionnant d’aveugles, de paralytiques et d’amputés déferlèrent sur la ville.

Le premier jour tourna quasi à l’émeute car ses collaborateurs -suivant une technique bien rodée- réalisaient des miracles bidons (on met la main sur la tête d’une fillette, on prie, puis on hurle « gloire à Dieu, elle est guérie »). L’hystérie collective aidant, les rumeurs parcourent la foule mais rapidement ils réalisent la supercherie, alors la foule ne se tient plus et tente de grimper sur la scène. Comprenant ce qui risque de lui arriver, Mike Evans s’éclipse rapidement. Le jour suivant, il y eut beaucoup moins de monde et le spectacle du télévangéliste -accompagné d’une équipe américaine de tournage- a été annulé pour raison de sécurité. La colère des gens était à la mesure des espoirs déçus. Des jeunes se sont attaqués à la camionnette de « Global Network » et les militaires ont dû intervenir pour contenir l’atmosphère de lynchage. Il a raté son pari sur la crédulité et la souffrance des gens. On vit ces centaines de désespérés rentrer à pied dans leurs campagnes, parfois à plusieurs jours de marche. Certains avaient vendu leur vache, leur seul bien, dans l’espoir fou de guérir.

Un missionnaire américain qui enseigne dans une école biblique à Phnom Penh a déclaré « C’est l’Église bouddhique, elle ne veut pas d’une autre Église ici. Ils sont égoïstes. Vous comprenez, le temps est venu pour les Cambodgiens de grandir. Ce sont des enfants et la croyance en Jésus Christ peut les aider, la foi permet des choses incroyables ».

Ces religieux paternalistes sont une bande de hyènes !

Trouver le livre ?  conseils-de-voyage.com

 

25Nov/17

Sortie du livre « Zyke, l’aventure »

A tout ceux qui comme moi ont aimés les livres de l’aventurier Cizia Zykë dans les années 85, je vous conseils ce livre ; il est écrit par Poncet, le compagnon de route et « secrétaire » de Cizia Zykë ; pour tout ceux qui comme moi ont été fascinés par cet homme, son univers, ses valeurs, pour ceux qui ont été influencés par lui, dont la vie à peut-être prit un tournant différent grâce à lui… eh bien foncez, ce livre est fait pour vous ! Pourquoi ? Eh bien parce que vous le découvrirez en dehors de ses aventures « au repos », comment il cherche ses aventures, comment il vit ses rapports avec les autres, avec ses amis, ses enfants ! On en apprend beaucoup sur sa personnalité. Lui et les personnages du livre trotteront encore dans votre tête longtemps après l’avoir refermé !

« Zike, l’aventure » disponible sur taurnada.fr

« Et si c’était mieux là-bas ? » disponible sur www.conseils-de-voyages.com

 
06Sep/17
Laos paysage

Histoire secrète du Laos

Le Laos est un pays magnifique, les habitants d’une douceur et d’une gentillesse sans pareil en Asie, mais peu connaissent son histoire tant il est vrai qu’on la surnomme « l’histoire secrète » ; d’une part car elle avait de bonnes raisons de l’être, d’autre part car elle reste encore aujourd’hui très embarrassante. En voici les grandes lignes (extraites de mon livre):

En 1962, alors qu’une occupation communiste se dessinait au Laos, Kennedy émit l’idée d’une intervention. Une conférence internationale se tint à Genève et les pays participants signèrent un accord selon 

lequel le Laos resterait neutre. Pourtant jamais pays n’aura autant mérité le surnom « d’échiquier » : au plus grand mépris de l’accord signé, les Etats-Unis, le Nord Vietnam et la Chine posèrent, déplacèrent et y firent sauter leurs pions. Comme toute présence militaire y était interdite, la CIA -dans la plus importante opération paramilitaire jamais entreprise- entraîna et équipa une armée clandestine constituée d’ethnies des montagnes, principalement Hmongs.

 

         Supportée par des officiers de l’armée de l’air qui opéraient sous couverture civile, la CIA créa « Air America » une compagnie aérienne « civile ». De 1964 à 1973, il y eut au Laos l’un des plus gros trafics aériens au monde. Plus de cinq cent quatre-vingt mille vols meurtriers furent effectués : un bombardement toutes les huit minutes pendant neuf ans dans le plus grand secret.

Sur le chemin du retour, les avions revenaient les soutes pleines d’opium avec l’accord plus ou moins tacite de la CIA…

        

Pointe d’une « Daisy cutter »Aujourd’hui encore, dix personnes meurent tous les mois au Laos victimes des bombes et mines restées sur place ; d’autres sont horriblement blessées par ces mêmes mines ou par les Daisy-Cutters, des bombes pas plus grosses qu’une balle de tennis qui envoient deux cent cinquante pointes métalliques dans toutes les directions.

         La guerre prenait fin au Vietnam mais elle faisait rage au Laos. Les Américains, avec l’énergie du désespoir, déversaient sur le Laos, bombes, mines et agents oranges. Il y eut plus de bombes larguées sur le Laos que durant toute la Seconde Guerre mondiale. Comme le Laos devait, rester neutre, les bombardements sur ce pays n’étaient jamais mentionnés par les porte-parole de l’armée US. L’opinion internationale, attentive à ce qui se passait au Vietnam n’a pour ainsi dire jamais été informée de ce qui se déroulait dans l’ancien pays au « million d’éléphants ».

En 1995, je sympathisai avec Vilaphon, un adolescent originaire du

Ancienne bombe transformée en pot de fleur

centre du pays. Dès l’âge de huit ans, il commença à fouiller la terre avec ses mains pour récupérer les UXO (unexploded objects), bombes n’ayant pas explosé pour les revendre au prix du métal. A quatorze ans, il parlait déjà anglais et français et faisait travailler une dizaine de gamins de huit à dix ans qu’il payait pour creuser à sa place. Les bombes encore terreuses étaient empilées sur des charrettes tirées par des bœufs et apportées à des négociants chinois de la capitale. Un gamin génial… je suis sûr qu’il est très riche aujourd’hui !

Cet article est extrait de mon livre. L’histoire vous à plu ou intéressée ? Retrouvez-la, et bien d’autre dans « Et si c’était mieux là-bas » sur mon site : www.conseils-de-voyages.com

19Juin/17

Sulawesi : voyage au cœur de l’archipel indonésien

sulawesi-indonésie-cultureJuin 1989, port de Surabaya. C’est d’ici que Sandrine et moi voulons embarquer pour Sulawesi. Dans le bureau de la Pelni -compagnie maritime indonésienne- un ventilateur trop lent brasse un air moite, un préposé tire paresseusement sur sa cigarette au clou de girofle. Ses chaussures sont posées à côté de son bureau, il relève sa casquette et me déclare qu’il est impossible d’avoir des tickets de bateau pour ce soir. J’engage la conversation sur autre chose, puis lui dis que j’ai conscience des frais qu’engendre la bureaucratie, que c’est toujours en haut que ça traîne… je dépose cinq billets, « si cela pouvait aider… ».

Une minute par billet plus tard, je reçois nos tickets.
Le voyage d’une trentaine d’heures est agréable, on croise des îles magnifiques, quelques dauphins nous accompagnent, des raies Manta sortent majestueusement de l’eau, volent quelques mètres et plongent.
paysage vert entre montagne et forêt en indonésieArrivés à Unjung Pandang, nous prenons un bus pour Senkang, la région des Buggis, des marins musulmans réputés pour leur habileté. En fin d’après midi, un bateau long de dix mètres et étroit d’une cinquantaine de centimètres nous emmène sur le lac Tempe passer la nuit chez une famille de pêcheurs. De grands oiseaux colorés et de splendides échassiers s’envolent à notre passage. Une quinzaine de maisons en bambou flottent au milieu du lac. Les habitants sont accueillants et sympathiques, on partage un thé et des beignets. Le coucher de soleil est somptueux, il règne ici un calme irréel, une petite brise nous préserve des moustiques et la nuit est agréable. Nous nous levons tôt, comme nos hôtes, eux pour travailler, nous pour admirer le lever du soleil.

Il faut encore huit heures de voyage dans un bus encore plus déglingué que la route pour rejoindre le centre de l’île. Les paysages sont d’une beauté à couper le souffle, les rizières déclinent tous les tons de vert et au loin les montagnes recouvertes de jungle laissent apparaître leurs falaises d’où jailli parfois une cascade.
culture en terrasse indonésieRantepao est une petite ville agréable, partout des arbres en fleurs ; certaines, semblables à d’énorme cloches blanches d’une trentaine de centimètres, d’autres, rouges sang ont la taille d’un petit ballon.
Dans notre Losmen, nous rencontrons Claire, une Anglaise de 28 ans qui voyage depuis trois ans. Elle a travaillé comme dentiste et professeur à l’université de Phnom Penh et de Saïgon, a fait le tour de Nouvelle Zélande en vélo… Son humour est irrésistible, comme beaucoup de voyageurs, elle est peu conformiste et comme tous les Anglais elle aime la confiture à l’orange mais pas qu’on rigole avec la Reine.
Il pleut souvent à Sulawesi, ce qui explique l’exubérance de la nature. Parfois, au milieu des rizières s’élève une colline comme une île avec quelques maisons entourées de bambous géants, de bananiers et de cocotiers.
Les maisons torajas sont montées sur pilotis, les murs en bois sont sculptés et colorés. Ce qui les distingue, c’est leur toiture en forme de corne de buffle dont les extrémités peuvent s’élever jusqu’à quinze mètres. Les milliers de bambous entrecroisés qui la compose leur assurant une étanchéité parfaite. Ces toits seront petit à petit remplacés par de la tôle ondulée, plus facile à monter.
habitations au bord de la forêt en Indonésie - SulawesiOn retrouve partout les mêmes couleurs et les mêmes symboles sculptés sur les murs : le cercle représente la terre, le triangle le soleil, le coq relie l’homme l’un à l’autre. On retrouve aussi le Katik, l’oiseau magique et le buffle. Un gros pilier soutient l’avant du toit devant la maison, les cornes de buffles accrochées l’une au-dessus de l’autre, témoignent de l’importance de la famille.
Les villages comptent rarement plus de trois cents habitants et sont organisés en seigneuries. Les buffles sont l’objet de toutes les attentions, c’est le seul endroit d’Asie où ils se prélassent dans la boue quand les paysans travaillent.
Pour les Torajas, la mort fait partie de la vie : ils travaillent leur vie durant en vue de posséder suffisamment de buffles qui seront sacrifiés à leur mort. Ils prendront alors place parmi leurs ancêtres et protégeront leurs descendants.
Les Torajas ont été convertis au protestantisme par les pasteurs hollandais mais les traditions animistes restent profondément ancrées.
bâtiment ancien en indonésieNous arrivons dans une vallée couverte de rizières et bordée de hautes falaises où sont placées des Tau-tau, petites effigies sculptées pour les castes supérieures et placées dans des niches creusées dans la falaise. Ainsi l’esprit des ancêtres continue à veiller sur le village.
Je reviendrai souvent à Rantépao. Quelques années plus tard, des échoppes à touristes auront poussé comme des champignons et les statuettes auront toutes été volées pour décorer les maisons de riches occidentaux. Elles furent remplacées par des copies, mais ces vols causèrent beaucoup d’émotion dans leur communauté, Anton, un ami torajas m’a confié que ce fut comme si on lui avait enlevé son père une seconde fois ; c’est difficile à comprendre pour nous car leur conception de la vie et de la mort diffère totalement de la nôtre.
Des funérailles torajas sont la partie la plus spectaculaire de leur culture. Nous arrivons dans le village où va se tenir un sacrifice. Je m’approche des maisons et très vite on m’invite à entrer. Ils sont accueillants et curieux. En buvant le thé, j’apprends que la personne dont on célèbre les funérailles est décédée il y a plus de sept ans !
habitants locaux indonésie habitationsDurant ces années, la famille a travaillé dur pour récolter l’argent nécessaire. La dame a été momifiée grâce à des injections régulières de formol. Cette pratique devient rare, je la rencontrerai encore une fois au cours de mes voyages : la défunte parée de beaux habits et de ses bijoux trône dans un coin de la pièce. Ils reconnaissent que cela ne sent pas très bon mais il importe de lui offrir de belles funérailles. Certains vendent des terres, se ruinent pour acheter des buffles car plus il y en a, mieux l’esprit sera conduit vers l’au-delà. En 1994, le gouvernement imposera des quotas sur le nombre de buffles à sacrifier. Pour l’heure, il y en a soixante trois dont deux albinos, les plus chers. Après le sacrifice, la viande est répartie entre les convives : celui qui apporte un cochon recevra l’équivalent en viande ce qui entraîne toujours d’âpres négociations.
vache indonésie sulawesiAprès un rapide calcul, le prix de soixante buffles plus les taxes s’élève à plus de quarante mille dollars !
Quelques jours plus tard, nous nous installons à Batutumonga, un petit paradis ; dans une maison en bambou au pied des montagnes, dans la jungle. Mama Siska, nous accueille à bras ouverts. L’ambiance familiale est douce et agréable. Siska, la fille de la maison, est attentionnée et veille à ce que nous ne manquions de rien. Nous mangeons une excellente soupe au lait de coco, potiron et citronnelle, assis en tailleur à la lueur d’une lampe à pétrole. Le repas terminé, nous traînons encore un peu avec un bouquin. Siska débarrasse, s’installe à une table basse, puis règle la lampe et fait ses devoirs. Je m’en étonne, elle me dit avoir quatorze ans et vouloir devenir médecin mais l’école coûte cher et elle n’est pas sûre de pouvoir poursuivre ses études l’an prochain. C’est malheureux de voir cette fille adorable, intelligente et travailleuse qui devra peut-être arrêter l’école faute d’argent. Je pense à ma propre scolarité : tout m’était donné, une excellente qualité d’enseignement, des parents désireux de m’aider et pourtant, je n’écoutais pas, parlais avec mes copains, séchais des cours… Je vais voir si je peux l’aider, mais trouver un sponsor n’est pas aussi simple que je l’avais pensé. Lorsque j’ai commencé à m’occuper d’enfants tibétains, mis à part ma famille et quelques amis proches, les gens se sentent peu concernés, ils ne réalisent pas que pour le prix d’un cinéma par mois, un enfant peut aller à l’école et s’en sortir… aussi, je ne dis rien, je ne veux pas donner de faux espoirs et ne souhaite pas non plus que nos relations avec cette famille se transforment.
Comme partout en Asie, toute la famille vit sous le même toit ; la maman de mama Siska, Nenek(1) dégage une certaine noblesse ; elle déborde de joie de vivre. On se fait chouchouter, elle me dit que je suis beau et qu’elle me voudrait pour petit-fils. Les journées passent paisiblement.
verdure sol indonésie flaqueLe matin, Nenek et Mama Siska râpent des noix de coco ; moi, je me douche, l’eau détournée de la rivière est guidée dans une petite cabane par un réseau de bambous. Nous partons dans la montagne qui se trouve derrière la maison ; il paraît que du sommet on voit la mer.
Après 3 heures de marche dans la jungle, on débouche sur un petit promontoire herbeux d’où on domine la vallée. Il y a des papillons énormes aux couleurs magnifiques et de petits lézards volants. Sandrine, Claire et moi nous arrêtons pour manger et nous reposer. Rapidement on se perd dans la jungle, la végétation est trop dense, il nous faudrait une machette. Nous décidons de rebrousser chemin, épuisés, griffés et trempés de sueur. Nous débouchons sur une maison où je demande un peu d’eau, la dame nous apporte aussi quelques rambutan(2)… ça fait du bien. C’est sous une pluie torrentielle, juste protégé par une feuille de bananier que nous arriverons enfin.
Demain nous partons ; le soir Mama Siska nous a prépare la spécialité locale, le Pa’piong : du poulet assaisonné au lait de coco et à la citronnelle, mijoté dans un tube de bambou placé sur des braises. Les épices savamment dosées lui donne une saveur exceptionnelle.
J’aime prendre un thé sur la terrasse, les brumes se dissipent sur les rizières au fond de la vallée, le jour se lever doucement. Nous quittons Mama Siska et sa famille. Elles nous serrent dans leurs bras (c’est inhabituel en Asie). Nenek m’offre un beau sarong et me redit qu’elle me voudrait pour petit-fils. Nous rentrons à pied à Rantepao par la forêt, les rizières et les bambouseraies. En chemin, nous croisons des tombes de bébés mort-nés, creusées dans le tronc d’un arbre et fermées par une petite porte en bois. L’idée animiste est que l’esprit de l’enfant continue à grandir avec celui de l’arbre. Une belle idée.

***

bâtiment sulawesi villeQuelques années plus tard, en 2001, j’assistai aux funérailles de Nenek, j’étais déjà revenu à plusieurs reprises, j’aidais Siska à aller à l’école et amenais régulièrement des groupes de touristes à sa maman. Des dizaines de buffles furent sacrifiés, le sol est déjà gorgé de sang. Je suis assis à côté de Mama Siska et regarde l’égorgeur : petit, sec et noueux. Il tient le buffle par une corde attachée à un anneau nasal, il lève lentement le bras, la gorge du buffle est offerte. Il émane de ce petit homme une puissance extraordinaire face à cette montagne de muscles qui pourrait l’embrocher d’un mouvement de tête et foncer sans que personne ne puisse l’arrêter. Ils se regardent, d’un geste rapide et précis il lui tranche la gorge avec son coupe-coupe. Le buffle s’effondre.
Mama Siska me regarde.
– Tiens Lionel, prends la machette et tue le suivant.
Je sais que c’est un honneur, une centaine de personnes sont présentes ; il y a l’excitation, le danger, le fait de contrôler ce monstre… Une partie de moi est tentée d’accepter mais le côté humain prend le dessus sur le côté bestial. Je décline l’invitation.
– Un cochon alors ? Regarde les gros qui arrivent là-bas, ils sont attachés, tu n’as qu’à lui planter le couteau dans le cœur.
Elle ne comprendrait pas que je refuse encore.
– Maaf, ibu saya tidak bisa. Saya ingin sekali menghormati nenek, tapi agama saya tidak mengizinkan untuk membunuh binatang(1). Ça, elle comprend et n’insiste pas.

Exécution de buffles en indonésieLe petit homme et quelques autres se relayèrent tout l’après-midi, les enfants se précipitent à chaque fois plantant de gros bambous taillés en biseau dans la gorge béante afin de recueillir le sang, et pataugent dedans. Du haut d’une tour en bambou, deux prêtres sonnent le gong chaque fois qu’un buffle est égorgé. L’âme du mort s’envole sur son dos.
J’aidai à porter le cercueil ; Nenek fut placée dans une cavité creusée dans un énorme rocher et refermée par une belle porte en bois sculpté.
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19Mai/17

Un voyage gustatif incomparable en Bolivie

Gastronomie BolivieEn Bolivie, les globe-trotters auront l’opportunité d’expérimenter un nouvel art culinaire hors du commun. En effet, la gastronomie bolivienne comporte divers mets à base de céréales, de patates et de piments. De plus, elle est très riche en goût. Pour commencer ce voyage gustatif, les touristes dégusteront un plat typique comme la salteña ou empanada. Il s’agit d’un chausson garni de viande, de pommes de terre, d’œufs, d’olives et de sauces pimentées. Toutefois, d’autres empanadas sont fourrés au fromage, à la viande et aux oignons ou au poulet. Il est à noter que ces délices sont excellents quand ils sont chauds. Par ailleurs, les globe-trotters pourront aussi savourer des soupes, par exemple, la sopa de mani ou la soupe de cacahuètes. Celle-ci est un pot-au-feu bolivien préparé avec de la crème épaisse d’arachides, du lait, du morceau de viande tendre, des pommes de terre à la vapeur, des épices et du persil. À part cela, ils ont l’occasion de consommer d’autres soupes telles que la lagua de choclo, le cahiro, le locro, le chankao, la sopa de quinoa et le calo de cardan.

Les plats principaux à déguster dans les villes boliviennes

plat gastonomie locale BoliviePour commencer à apprécier les plats principaux boliviens lors des séjours Bolivie, les vacanciers pourront entamer avec la sajta de pollo. Cette dernière est un mélange de pommes de terre, d’oignons râpés, de tomates et de fromage. Le tout est baigné dans une sauce piquante appelée aji amarillo. À titre d’information, les repas à consommer sur le territoire bolivien varient de la région à visiter. Dans la ville de Sucre, les routards savoureront le picantemixto. Celui-ci est mijoté avec du poulet, de la viande de porc et du charkekan. Ensuite, dans la capitale gastronomique de la Bolivie, à Cochabamba, les touristes dégusteront le pique macho qui est composé de morceaux de carré de rumstecks grillés, de tomates, de frites et de piments rouges. Puis à Santa Cruz, les globe-trotters goûteront aux tamales. Ce plat végétarien est un chausson de maïs ou de manioc sucré-salé. Il peut être accompagné de café camba. Dans cette municipalité, les bourlingueurs apprécieront également le pacumutu. Il s’agit d’une longue brochette de viande tendre.

Les boissons boliviennes à ne pas rater

Pour parfaire la découverte culinaire en Bolivie, les boissons sont incontournables. Pendant le petit-déjeuner, les routards siroteront l’api. Ce breuvage chaud est sucré et épais. Il est fait à base de maïs violet, de cannelle et de clou de girofle. À part cela, le refresco de quinoa est à ne pas manquer. Cette boisson est délicieuse et vitaminée. Il s’agit d’un mélange de lait, de quinoa et de jus de pomme. En outre, les globe-trotters pourront aussi goûter le mate de coca. Cette tisane de feuilles de coca est surtout proposée dans les hauteurs. Elle est recommandée pour les aventuriers qui ont un mal d’altitude. En effet, cette boisson a une vertu anti-soroche.

www.nexplorea.com

07Avr/17

Les pousse-pousse

 LES POUSSE-POUSSE

Garage de pousse-pousse

 

Chaque pays, parfois même chaque ville possède des pousse-pousse qui leur sont propres.

 

 

Un moyen de transport original

Dans les années 30, sous l’influence de la gauche française, les conducteurs de pousse-pousse indochinois sont passés derrière les clients qu’ils transportaient – position jugée moins humiliante. 

Ici un conducteur de cyclo cambodgien

 

En Inde, ils sont devant les clients, en Indonésie, au Vietnam, au Cambodge : derrière, en Birmanie sur le côté.

Un certain style              Becak indonésien à Yogyakarta

Correctement installé ? 

 

Yogyakarta, Java, Indonésie        

 

 

 

 

Transporter à pied

 

 

Mais il n’y a qu’à Calcutta qu’il reste des running rickshaws. 

 

 

Personnellement, je n’ai jamais pu m’y faire. Voir un type, la peau sur les os, courir pieds nus en tirant la charrette dans laquelle je suis assis, j’ai du mal ! Dans le genre exploitation de l’homme par l’homme, on fait difficilement mieux. Toutefois, si on veut circuler, c’est le plus facile.

klaxon particulier

 

Un de ces hommes-chevaux m’offrit un jour son klaxon, un grelot métallique tenu entre ses doigts par une cordelette trempée de sueur et de crasse qu’il tape contre le montant du rickshaw. 

 

Je l’ai toujours, il est dans ma bibliothèque… c’est un symbole.

 Aujourd’hui, les pays sous développés se développent, les pays en voie de développement émergent voyant apparaître une classe moyenne… Conduire un cyclo n’est plus un métier très sexy, les jeunes n’ont plus envie de se crever à la tâche ; les anciens se font vieux, le métier est dur et usant ; ils transforment donc leur « cyclo pousse » en « moto-pousse » …

Rajouter un moteur

J’ai voyagé une quinzaine d’années non-stop ; ce site a pour vocation de rassembler des conseils que j’aurais aimés recevoir avant mon départ.

 Vous retrouverez également sur ce site :

 Ma bibliothèque de voyage : http://www.conseils-de-voyages.com/ma-bibliotheque-de-voyage/

 Photo et éthique photographique : http://www.conseils-de-voyages.com/conseils-de-voyage/photos-et-ethique-photographique/

acheter le livre : http://www.conseils-de-voyages.com

30Mar/17

Critique du livre « et si c’était mieux là-bas ? »

Christine Brunet a lu « Et si c’était mieux là-bas ? » de Lionel Cieciura
11 Juin 2014 , Rédigé par Christine Brunet/Aloys – Publié dans #Fiche de lecture

Couverture du livre - critique

Compliqué de parler de ce livre… Peut-être parce qu’il réveille des images et des sensations oubliées ? Ou peut-être parce qu’il propose au lecteur une richesse d’images difficile à restituer ? Je ne sais pas… Mais j’essaie parce que ce livre est passionnant !

Voilà une invitation au voyage. Pas le voyage conventionnel, pas celui organisé pour les tours operators où confort rime trop souvent avec images-clichés. Non, loin s’en faut !

« Et si c’était mieux là-bas ? » est une invitation à l’aventure, un parcours atypique d’une quinzaine d’années au sein de pays encore peu courus à l’époque (avant 2000) : Laos, Cambodge, Birmanie, Ladakh, Tibet, Indonésie… Des années de rencontres humaines, d’expériences extrêmes. Des images différentes, des réflexions personnelles sur les contextes, les coutumes, le caractère des peuples rencontrés…

Je voyage, une drogue depuis ma plus tendre enfance. Très souvent dans des conditions difficiles. J’ai retrouvé dans ce livre le plaisir de la découverte, de la surprise, de la joie d’une rencontre impromptue ou improbable qui restera gravée à tout jamais dans la mémoire, la frayeur lors d’un mouvement de foule ou lors d’un passage de col dans l’Himalaya, mes narines titillées à nouveau par les parfums exotiques (ou putrides) des marchés, la langue anesthésiée par le goût extrême d’un thé au beurre rance préparé par un moine retiré au fin fond d’une vallée oubliée.

Un voyage initiatique ? Non, pas vraiment. Une expérience vécue comme une volonté de vivre sa vie pleinement, de donner, peut-être, un sens différent à son existence.

Ecrit comme un journal de bord, nous vivons au rythme des rencontres (souvent récurrentes), au fil des paysages grandioses, des opportunités quotidiennes ou des choix de l’auteur. Voyage au cœur de l’humain, au cœur des images.

Le rythme de l’écriture se calque sur le rythme du voyage : parfois rapide, parfois plus posé, on s’attarde sur tel ou tel endroit, dans tel ou tel pays. Une plongée dans la vie besogneuse des uns, trépidante de certains, insouciante du voyageur curieux qu’on ne peut qu’envier.

Belles descriptions des êtres rencontrés, d’ethnies oubliées désormais effacées par la « civilisation », des militaires et autres personnages qui détiennent, à leur niveau, le pouvoir, de certains touristes au comportement ahurissant. Je me suis surprise à rire à certaines situations, à sourire à d’autres.

Ces quelques mots ne peuvent rendre compte pleinement de l’expérience que propose Lionel Cieciura, mais vous donneront, je l’espère, l’envie sinon d’aller là-bas, à défaut de vous plonger très vite dans ces 350 pages de pure évasion.

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

30Mar/17

Nyepi fête des démons à Bali

Hier, c’était Nyepi à Bali, la fête des démons

Nyepi est la plus importante des fêtes Balinaises. On dit que ce jour-là, Yama, le maître de l’enfer ouvre ses portes et lâche tous ses démons sur l’île.

ogoh-ogoh, symbole de l'évènement

En vue de leur arrivée, au coucher du soleil, les Balinais placent des offrandes sur des nattes aux intersections des routes, les démons aiment ces endroits où ils peuvent facilement nuire aux Balinais en provoquant des accidents (le fait que les balinais conduisent n’importe comment, aide, bien quand même !). Au coucher du soleil donc, un prêtre dirige la cérémonie et, à son signal, tous se lèvent faisant le plus de bruit possible en frappant le sol avec des bambous, pour effrayer les démons. Des ogoh- ogoh(1) sont portés sur des podiums en bambou par une quinzaine de costauds. Lorsqu’ils en croisent un autre, les deux groupes vont mimer un combat féroce entre leurs monstres, toujours accompagnés de gongs, cymbales et tambours. Nyepi a son importance à BaliCela finit au bord de la mer ou d’une rivière.

Le bruit et les combats sont destinés à faire peur aux démons. Le lendemain, c’est jour de jeûne et de méditation silencieuse sans électricité. Face à ce silence et à ces rues désertes, les rares démons qui seraient restés penseront que les gens sont partis et feront de même. C’est toujours impressionnant de voir toute l’île comme ça.

On assiste aussi à quelques originalitésTout le monde sans exception respecte la règle : pas une voiture, pas un vélo, même l’aéroport est fermé.


(1) Immenses statues représentant des monstres colorés et effrayants

09Déc/16

Voici une invention que j’aurais adoré réaliser !

EAU POTABLE POUR TOUS !

Voici une petite histoire qui m’est arrivée lorsque j’avais 12 ans. Elle m’a tellement marqué qu’aujourd’hui, à 48 ans, en découvrant cette invention,  je veux vous la relater.

En 1980, beaucoup d’enfants africains sont adoptés par des familles occidentales pour les sauver de la famine qui sévit alors.
Notre instituteur nous fait un petit discours afin de bien accueillir notre nouveau copain qui sera sûrement déboussolé.
Nahom est accueilli à bras ouvert par tous les élèves.
Un jour la concierge entre dans la classe, vociférant que quelqu’un fait caca à côté des toilettes et que ça suffit, qu’elle n’est pas payée pour nettoyer nos saloperies et que ça a intérêt à s’arrêter de suite !

Cette grosse dame qui transpire toujours beaucoup, nous fait assez peur.
 L’instituteur calme le jeu et promet de régler cela et nous avons droit à une petite leçon de citoyenneté.

Trois jours plus tard, c’est une furie luisante, rouge d’une colère qui entre dans la classe, tenant victorieusement le petit Nahom par le bras, le secouant comme un prunier : « Comme ça n’a pas arrêté, je me suis cachée et j’ai attrapé celui-là qui faisait caca exprès à côté du pot » !

Notre instituteur se précipite, libère le gamin complètement paniqué, déclarant d’autorité que c’est maintenant de son ressort.

Il eut une explication avec lui et ce n’est que plus tard nous eûmes le fin mot.

Lorsqu’il lui demanda pourquoi il faisait cela, Nahom lui répondit « c’est pour pas salir la belle eau, monsieur »…

Comment imaginer que ce gamin qui arrivait d’Erythrée où l’eau est mille fois plus précieuse que l’or, puisse la polluer de cette façon ?

et si c'était mieux là-bas - eau potable

Voici une invention que j’aurais adoré réaliser !

 

 

08Déc/16

Les secrets de la construction du Marina Bay

Ca fait deux ans que je n’étais plus passé à Singapour ; depuis 25 ans que j’y viens, cette ville a toujours été en perpétuelle évolution : de nouveaux bâtiments toujours plus grands, toujours plus beaux voient régulièrement le jour. L’hôtel-casino Marina bay sands est une construction extraordinaire qui ressemble à un bateau posé sur trois gracieux piliers en X, hauts de 70 mètres ; au sommet, il y a entre autre la plus grande piscine suspendue à débordement au monde (150m)

Le soir, je retrouve Steven -un copain anglais expatrié- son bureau a travaillé sur le projet, ils se sont vu confier une mission pour le moins surprenante… Un vrai défi scientifique, en fait, car la proue du casino est une boite de nuit.

marina bay singapoure

– Tu sais que des militaires traversant un pont rompent toujours le pas cadencé car si les vibrations entraient en contact avec la fréquence de résonance du pont, cela entraînerait un effondrement. C’est la même chose sur la piste : 100 personnes dansant au même rythme pourraient provoquer une catastrophe…

Il fallut des mois de calcul pour identifier les vibrations provoquées par les différents rythmes ; de la polka, au fox trot en passant par le charleston, le tango, les danses folkloriques, le rock, le reggae…

– Tu peux imaginer l’incroyable complexité des calculs… nos ordinateurs « moulinaient » toute la nuit afin de choisir les meilleures options de construction.

– C’est incroyable… mais comment savoir ce qui se dansera dans 10 ans ?

– Ce fut un des défis : qui, du temps de la valse aurait pu imaginer qu’on se trémousserait sur du rap ? Alors nous avons cherché à anticiper des rythmes grâce à des algorithmes que nous avons mis au point… ce fut passionnant !

 super structure asie