LA CORRUPTION

Quand vous voyagez longtemps, que vous vous fondez dans la population, il est possible que vous ayez un jour à faire aux autorités. J’ai non seulement beaucoup voyagé mais j’ai aussi vécu et travaillé à l’étranger (notamment au Cambodge et en Indonésie) ; j’ai donc plusieurs fois eu ce « privilège ». Leur but est de vous prendre un maximum, le vôtre de leur en donner un minimum… la solution réside dans la négociation.

L'argent et la corruptionIl est facile de repérer un fonctionnaire corrompu : si sa bedaine est rebondie, c’est qu’il a atteint une certaine « réussite professionnelle » : ce bidon porte même un nom : « le ventre administratif », celui qu’on attrape en mangeant plus que nécessaire grâce à l’argent récolté auprès de ses semblables. Cette expression existe dans tous les pays que j’ai pu traverser en Asie. Elle est également très répandue en Afrique où être gros est un signe de richesse !

La corruption se pratique partout en Asie, en Afrique et en Amérique du sud et est organisée -à quelques nuances près- sur le même modèle. La structure est pyramidale : l’argent revient au chef qui le distribue aux sous-fifres. Le plus haut « gradé » est le Président (peu de chance toute fois que vous ayez à faire à lui), puis les ministres et leur entourage direct, ensuite les gouverneurs, etc… jusqu’aux chefs des bureaux de l’immigration, des différents services administratifs, aux commissariats.

Un policier payera cher pour être muté à Bali, par exemple et plus encore pour être basé dans le sud de l’île (où se concentrent les touristes). Il lui faudra rentabiliser son investissement (souvent sa famille met la main à la poche pour obtenir sa « promotion ») et il n’aura d’autres solution que de vous racketter. C’est rarement bien méchant, en général ils vous arrêtent quand vous êtes en voiture, trouvent une mouche écrasée sur votre phare et invoquent, outragés, les règles internationales du code de la route, le danger ahurissant dans lequel vous plongez ses concitoyens et le pays tout entier par votre incroyable imprudence. Lire anecdote à Bali ?

La règle est de rester courtois et souriant et surtout de ne pas lui fournir de moyens de pression : ne lui donnez jamais votre passeport (il ne vous le rendra que lorsqu’il aura reçu ce qu’il veut), prétendez que vous l’avez laissé à votre hôtel ou donnez-lui une photocopie ; ne leur donnez pas non plus la date de votre départ (si elle est imminente, c’est un coup à vous faire rater l’avion, ou à payer plus cher).

Evitez absolument d’aller au poste de police, débrouillez-vous avec le policier avec lequel vous avez à faire sinon, vous devrez payer tout le monde au poste.

Si vous sentez la corruption venir : attaquez. Il m’est arrivé en orientant habilement la conversation sur la corruption qui gangrène leur pays, en invoquant les gens corrompus qui n’ont ni honneur ni fierté, de mettre un officier de l’immigration indonésien dans une position telle qu’il lui était devenu impossible de me demander quoi que ce fut. Le patriotisme et le nationalisme sont souvent exacerbés dans ces pays. Jouez-en ! Lire anecdote au Cambodge ? 

Mais il faut avancer avec subtilité, habileté et psychologie. Si vous vous montrez indigné, agacé ou arrogant, si vous vous braquez au nom des grands principes occidentaux anti-corruption, vous allez dans le mur ! Rappelez-vous que vous n’êtes pas chez vous, que ça marche comme ça là-bas et ce n’est pas vous qui changerez le système politique du pays Lire anecdote en Inde ? Un agent de l’immigration par exemple ne gagne officiellement que 300 $ par mois. Il viendra au bureau en voiture allemande, mais ça c’est une autre histoire. Officiellement, il ne gagne pas suffisamment pour nourrir sa famille et doit donc trouver des « à-côtés ». Il faut l’accepter, même si cela ne vous plaît pas. Sinon, vous pouvez toujours allez visiter la Suisse, c’est joli aussi. Lire anecdote en Inde ?  Lire anecdote au Népal ?

Bon, il ne faut pas non plus dramatiser, vous n’aurez pas à corrompre tout le monde à tout bout de champ, mais si cela se présente (et j’avoue qu’avec la manière dont je voyageais et vivais cela s’est présenté quelques fois), autant savoir comment réagir.