LIRE ET PRÉPARER SON VOYAGE AVANT DE PARTIR ?

Lire avant de partir - plaque d'immatriculation Au début, je ne préparais rien, ne consultais aucun ouvrage, aucun livre connu (je craignais qu’un livre trop « reconnu », m’empêchât de découvrir ce qu’il faut ressentir pour le comprendre par soi-même). J’aime donc débarquer sans idées préconçues et m’étonner des mœurs et coutumes de certaines peuplades voire d’une civilisation entière. J’aime comprendre, apprendre et ressentir les choses. Je me trompe souvent, interprète mal, fais des erreurs, mais je ne suis pas certain qu’un guide ou un manuel soit LA solution. Il m’est arrivé de devoir préparer des voyages pour des touristes que j’allais guider. Je vivais alors à Phnom Penh et disposais -à l’Alliance Française- de nombreux guides de voyages… J’ai trouvé tant de disparités entre eux, tant de parti pris et d’erreurs que j’ai appris à m’en méfier. Ils peuvent aider, mais il ne faut pas les considérer comme la Bible.

Naturellement, il m’est arrivé de passer à côté de choses importantes, mais encore une fois, tout dépend de ce que l’on considère comme important. Les monuments ? L’architecture ? Les sites ? La nourriture ? Tout participe à la compréhension d’un pays ; mais à mes yeux, les habitants, leur manière de penser, leur façon de vivre, leurs coutumes, ce qui les fait rire ou pleurer m’importe plus. Et ça, peu de livres vous l’expliqueront, c’est avec votre intelligence et votre sensibilité que vous le comprendrez.

Je préfère lire au retour et confronter ma vision subjective des choses, mes impressions, mes idées avec celles des spécialistes. Évidemment, je pouvais me le permettre car j’avais tout mon temps pour comprendre et ressentir ce que je voyais. En effet, le facteur temps -ce qui distingue le touriste du voyageur- sera déterminant ; si vous partez deux semaines, il faudra vous préparer un peu pour ne pas passer à côté de trop de choses.

Vélo rougeLa lecture d’un livre sur un pays dont la culture est éloignée de la nôtre et nous semble si complexe -je pense à l’Inde, par exemple- peut être intéressante car trop de choses nous échappent. J’ai beaucoup appris au retour de mon premier voyage en lisant « Cette nuit la liberté » ou « La cité de la joie » de Lapierre et Collins. Quel plaisir de lire la trilogie de Bodard sur l’Indochine (« l’enlisement, l’humiliation, l’aventure ») en vous baladant dans Saigon. En traînant dans le quartier chinois de Cholon où vous retrouvez les rues qu’il décrit, revivez -grâce à son écriture cinématographique- les intrigues, trafics, fumeries d’opium et autres meurtres des triades. Boire un verre à l’hôtel Continental après avoir « vécu » son histoire au travers de ces livres prend une autre dimension, vous buvez avec Malraux, Bodard, Graham Greene, mais aussi, Giap, Leclerc, Hô Chi Minh, Francini, les généraux et espions américains… tant de choses s’y sont déroulées, tant de conspirations s’y sont ourdies, tant de décisions impliquant des milliers de vies y ont été prises.

Vous voyez, en écrivant ces lignes, je ne suis plus sûr de rien. Je pensais que la meilleure façon d’apprendre un pays était de se perdre dans ses petites rues, ses grands espaces, ses bas-fonds ; de parler, d’échanger avec les gens, de goûter leur cuisine si bizarre soit-elle, d’écouter sa musique même au travers de baffles grésillants dans des bus d’un autre âge… Mais se documenter avant, présente aussi des avantages. Bref, encore une fois, ne considérez pas ce que j’écris comme une Vérité : expérimentez par vous-même !

Si cela vous intéresse, voici ma bibliothèque de voyage